pixie // Saison 4 - The Coming of Age

The lines that I preach here are only half-truth.

22 septembre 2008

:: the one with the hysteria dementia ::
22.09.08 @ 12.38 pm

Samedi, le bras tendu en l'air dans l'allée caillouteuse de chez mes parents, tentant vainement, les sourcils froncés et les dents serrées, de choper un petit bâton de réseau pour envoyer quelques mots de tendresse vers la capitale, je me disais ceci : l'autre reste un étranger, fondamentalement, dans sa différence, ses silences, ses pensées impénétrables. Je dis l'autre,  je parle de mon autre à moi, mais c'est toujours comme ça, ce petit bout de mystère qu'on ne pénètre pas. Qui sait quels mots traversent son cerveau quand il pense à moi, quand il pense à d'autres, quelle ombre passe sur ses yeux quand j'embrasse ses paupières, quelle couleur a cette angoisse que je ne connais pas encore et que j'aimerais faire taire. Ne jamais savoir vraiment rend l'autre fascinant, attachant, (important). Tout comprendre ne m'intéresserait pas, la transparence m'ennuie, j'ai besoin des doutes autant que de l'acalmie, quand le nez dans son épaule je sens ses doigts qui peignent les cheveux trop longs sur ma nuque.

("Ce weekend j'ai pensé à tes mains. Tes mains m'ont manqué").

Cette incertitude me rend un peu hystérique, seule forme de folie que je revendique (je suis une fille, bordel), mais je crois bien que c'est un besoin, que sans elle, peut-être, je partirais, mais peut-être pas. Qui sait. Seulement j'aimerais qu'un jour ça cesse, ces vieux schémas m'épuisent un peu, plus de quinze ans que je joue au chat, je n'ai pourtant pas le sentiment de le faire volontairement et ce jeu-là ne m'amuse pas.

Bref. De retour au Loft je retrouve mes bouquins rangés par dégradés de couleur, ah je conseille, ça vous vide la tête pendant une bonne heure, à quatre pattes j'ai empilé ceux à tranche verte, les vieux Penguin oranges, les folio blancs, la chick lit' rose, les Paul Auster noirs. Voilà mes John Irving éparpillés au gré de leurs couvertures cartonnées, mais je les connais si parfaitement, Owen est bleu, Garp est jaune, la veuve est orange, etc, je les retrouverai en un claquement de doigts. Le résultat est du plus bel effet en tous cas.

Je vais bien madame la marquise, si ce n'est cette fatigue chronique et ce sentiment de ne pas maîtriser le temps, du coup je me retrouve à murmurer à Pote tu me manques à une heure du matin, alors qu'il est là, tout près, et que tout va bien. Je me nourris de Bukowski et d'un peu tout ce qui me tombe sous la main, ce besoin de mots me reprend d'un coup, ceux des autres à défaut des siens que j'attends patiemment, je corne des pages, noircis des bouts de papier, griffonne à la hâte la perfection de phrases dont j'aurais voulu accoucher.   


17 septembre 2008

:: one of the last ones (here) ::
17.09.08 @ 2.43 pm

Je trouve cet endroit enlaidi par les regards tordus de ceux qui n'ont rien compris, ils sont autant de parasites que j'aimerais balayer d'un revers de main, voire carrément écraser, hein. Peu importe eux et hier et mes erreurs de cet hiver (The not so Beautiful Mistakes), tout ça vois-tu ne compte plus. Je pratique désormais, par la force des choses et parce que c'est comme ça, on ne m'abattra pas, une activité des plus endurantes : le slalom entre les cons, expression copyrightée Colinette que Paris accueillera sous peu dans son giron (schnell, schnell!).

Bukowski ces jours-ci est mon meilleur ami, Bukowski que j'aime tout à fait étrangement pour les mêmes raisons qui m'empêchent d'apprécier Gainsbourg, va comprendre. Chez Buk, nom du futur bébé chat que je n'aurai jamais que dans mes fantasmes, il y a la simplicité du verbe, droit au but, économie du bullshit, violence tristesse et détresse, la beauté dans le glauque et réciproquement, après Sagan et Murakami c'est un putain de changement. (Haruki, j'accuse sans broncher toutes tes grandes envolées lyriques, mais c'est bien parce que tu es japonais) (c'est sublime, en vrai).

Dans la Colocation du Bonheur, qui n'est plus une colocation mais l'association des protagonistes reste ma foi plutôt (très) joyeuse, la vie suit son cours entre reprise de la consommation de ti punch, retour décevant mais toujours sexy de Hank Moody, énervement réel provoqué par des jalousies d'origine virtuelle, sursauts d'indépendance, crises de self-confidence, invasion de l'espace vital mâle par mes talons de pute, et activités pratiquées en tandem ou en solitaire (lecture vespérale, écriture nocturne, sex around the clock, et ingestion de chantilly en bombe).

Hier soir, perchée sur mes escarpins anglais, je croise sur la 3 L'Auteur De La Promesse Désormais Tenue, a.k.a Mon Ecrivain Français Vivant Publié Préféré. De surprise je reste un peu trop coite, mon Bukowski à la main et mon sourire en coin, j'étais bien plus loquace au Flore devant ma bière à huit-cinquante. Je viens de chez moi et là je vais chez mon mec. Il répond moi je sors du taf et je vais chez ma meuf, ce qui est über drôle quand on sait qu'elle est bien plus que ça. Il est je crois le seul à pouvoir porter un badge PORN STAR avec cette classe-là.

Bientôt je m'en vais (mais pas très loin).
(EDIT : mais non, ce ne sera pas une cachette secrète).

15 septembre 2008

:: the one where i dot my i's and cross my t's ::
15.09.08 @ 9.16 am

Ceci est un blog. Rien de moins, mais surtout rien de plus.

Il faut se faire singulièrement chier dans la vie pour n'avoir rien de mieux à faire que juger celle de la personne qui l'écrit.
Il faut être bien naïf, ou foncièrement con, pour prêter à cet endroit plus d'importance qu'il n'en a.
Il ne suffit pas de se pointer ici pour savoir qui je suis, d'où je viens, et comment je vais.
Il faut avoir un goût pour le drame encore plus prononcé que le mien pour s'imaginer que je cherche volontairement la merde dans le but d'avoir des choses à raconter.
La vérité est bien plus simple que les fantasmes de ceux qui me conseillent amicalement d'aller consulter.
Tout aussi amicalement, je vous emmerde.

Je fais le bilan des pertes, certaines me coûtent, d'autres pas, ce qui compte c'est que moi je marche droit.

09 septembre 2008

:: the one with the lies ::
09.09.08 @ 4.22 pm

Quote of the Day : "Si tu attends assez longtemps assis à côté du fleuve, tu finiras par y voir passer le cadavre de ton ennemi."

Il paraît que c'est un proverbe japonais, je le tiens de Violette. Violette est une conteuse et une sage. Cet hiver, elle me disait attention avec de grands panneaux de signalisation, mais je ne les voyais pas. J'avançais trop vite sur la route, les panneaux je les dégommais, aucun ne me résistait. Elle me parlait d'enfermement, Violette. L'Enfer Me Ment. (Tu vois un peu?). Je me murais dans mon indignation, assenant que non pfff elle ne comprenait pas, cette histoire était la plus belle de tous les temps, je ne l'avais pas inventée, je ne l'avais pas rêvée. Certes il était bien trouvé, ce jeu de mot. Mais rien à voir.

Myhell était le plus beau. Myhell était un héros.

A la fin du téléfilm de 13h30 sur la 6, celui où la nana apprend que son mari menait une double vie depuis dix ans, qu'il avait une autre femme et d'autres enfants, on te prévient que toute ressemblance avec des personnes existantes blablabla. Parfois c'est un autre scénario, celui dans lequel le mec très propre et funky se révèle être un psychopathe, et la petite meuf en jean taille haute des années 90 passe une heure et demie et une coupure pub à essayer de convaincre tout le monde que non putain elle n'est pas folle, il est dangereux. Au générique de fin, tu apprends que c'est du vrai de vrai, le bon vieux fait divers d'un bled du Kentucky. Dans un cas comme dans l'autre, rien de plausible, rien de possible. Parce que tu sais bien, soit c'est de la fiction, soit ça n'arrive qu'aux autres, moi je me bouche les yeux et les oreilles, lalalalala, ça ne m'arrivera pas.

Depuis quinze jours, je sais que les trucs les plus laids, les gestes les plus dégueulasses, je peux en être victime autant que n'importe quelle autre. Les mots qu'on utilisait dans le vide parce qu'ils ne nous concernaient pas sonnent tout autrement à l'oreille, soudainement, une fois passés les larmes et les vomissements. Ca pourrait s'arrêter là, mais ce n'est pas le cas. Pour l'instant tu es seulement venue gonfler le chiffre des statistiques, tu n'as pas encore pénétré l'Univers du Grand N'importe Quoi Surréaliste, celui dépeint dans ces téléfilms qui affolent la ménagère tout en la rassurant sur son propre sort.  C'est la vraie vie pourtant, et depuis hier soir je suis coincée dedans. Je m'époumone, je hurle, mais presque personne ne m'entend.

Comment raconter sans trop en dévoiler? J'ai moins aujourd'hui que ce que j'avais le jour maudit où je l'ai croisé. Je n'ai rien gagné, rien gardé, tout perdu, mon temps, mes larmes, ma dignité, ma confiance en qui que ce soit, en les mots, en ce que je vaux (ne fallait-il pas être bien conne, finalement, même si je m'en défends?). J'ai perdu la clé du langage que je parlais avec celle qui m'a toujours comprise, je l'ai perdue elle, par sa faute et le poison qu'il a infiltré partout. Voilà le bilan de ma plus belle histoire. Une histoire, c'est bien ça. Celle  qu'il m'a racontée comme il l'a racontée à d'autres, avec les mêmes mots, mais tout était faux. Combien étions-nous, combien sommes-nous? S'il fallait raconter ce qui s'est vraiment passé, je ne serais heureusement pas la seule à témoigner. Aujourd'hui, je n'ai pas d'autre consolation.

Myhell est laid. Myhell me mentait.   

04 septembre 2008

:: the one with the goodbye ::
04.09.08 @ 11.28 am
<happy birthday Loulou>
<bienvenue Juliette>


Quote of the Day : "Everything is everything
                            What is meant to be will be
                            After winter must come spring
                            Change, it comes eventually"

(Je me mets seulement maintenant à bien aimer Lauryn Hill).                           

J'ai le souvenir d'une nuit blanche au Bout du Monde, il y a trois ans bientôt, passée à suffoquer comme un poisson hors de l'eau. J'avais demandé à David si on se reverrait un jour, il avait répondu non, je suis désolé, I have to move on, suite à quoi j'étais morte, un peu, beaucoup, complètement et pour longtemps.

Septembre '08 et me voilà à chialer sur le quai de la ligne 1, drôle d'endroit pour un adieu qui n'est qu'un aurevoir cette fois, mais jusqu'à quand, lui et moi l'ignorons tout autant. Trois ans depuis ce drame, son envie de plus, mon désir de rien, la nuit où j'ai dit non et son départ au matin. Trois ans depuis que je l'ai perdu définitivement, et finalement non, tu vois, aujourd'hui il est vraiment là.

(Hey, moi la vie je n'y comprends rien de plus que n'importe qui, mais je peux te dire que les miracles existent, il suffit d'être patient (easy peasy)).

Il n'y a pas de traces de cette semaine, pas de photos, rien qui prouve qu'il ait été là, pour ce que j'en sais j'aurais pu l'inventer, pas une âme pour témoigner. Je ne réalise pas son départ, je n'avais pas cru à son arrivée, c'était bien trop loin dans l'utopique, dans l'improbabilité, pourtant il était là, réellement. Arpentant les pavés en tongs, se plaignant du chaud puis du froid, poor little princess, arrivant chaque fois un livre à la main, hier soir il trimbalait mon John Irving dédicacé, j'ai hurlé. Imagine le sacrilège.

Sur le quai à Châtelet, donc, tant pis pour ma pudeur, de toutes façons le métro connaît mes larmes par coeur, je réalise l'ampleur de l'événement. Deux ans d'attente et c'est fini, veni vidi vici, le voilà qui repart promener son intelligence et ses grandes réfléxions sur le monde aux quatre coins de celui-ci. Il est un peu gêné quand ça se met à couler, il n'est pas trop dans les effusions ce garçon, pas trop dans l'émotion. Je lui dis que ça compte, hein, ce n'est pas parce que je pleure tout le temps que ça ne veut rien dire, do you hear me? et il me serre contre lui. I love you, il dit, la voix couverte par le fracas du train qui sort du tunnel, I love you very much. Moi aussi, moi aussi. Et ce baiser d'adieu qu'on s'était promis il y a un siècle, ce truc symbolique censé refermer notre chapitre, bien sûr on ne se l'est pas donné.

Tout a changé, en mieux, en bien, et la distance n'y changera plus jamais rien.


01 septembre 2008

:: the one with David ::
01.09.08 @ 2.45 pm

(Ne raconter que les choses qui comptent, prioriser, laisser la laideur derrière, l'effacer de partout après l'avoir vomie, littéralement, se relever, et continuer en connaissant la vérité).

Après tout ça j'ai cru que je n'éprouverais plus rien, jamais, c'est ce que je me disais dans le RER direction Roissy, à une heure et quelques des bras de David, ne ressentant rien de rien, le vide. Mais là-bas, dans l'agitation, au milieu de ces gens qui allaient, venaient, se retrouvaient, je me suis souvenue de ce que ça faisait, de partir, de revenir, et j'ai réussi à sourire à travers mon brouillard, malgré ma bouche sèche et ce goût d'acier. Par quel miracle mes jambes de pantin ne m'ont-elles pas lâchée?

Et puis il a été là, d'un coup, grand, blond, sous sa casquette et ses lunettes, il a été là et tout était normal, à sa place, comme hier, l'exaltation en moins. De nous, j'ai su à cette seconde de retrouvailles qu'il ne restait que l'essentiel, sans le flou dans les yeux, les phrases à double-sens, l'impatience. Juste ce grand type encore bronzé de ses périples au soleil et cette petite meuf un peu fiévreuse, rencontrés un soir de juillet dans un bar de Sydney, et toujours là aujourd'hui malgré les micro-drames traversés depuis.

Paris est différente quand on se met à la regarder avec des yeux étrangers. Le sourire d'un habitant du nouveau monde (et pourtant il en a vu, des villes, il en a traversé, des continents, il en a croisé, des monuments), ce sourire, les yeux plissés sous le soleil de cette improbable journée d'été (enfin), ce sourire-là, face à l'Opéra, m'a rendue connement fière d'être d'ici, et que ces murs soient mon décor. Tout paraît beau d'un coup, un peu moins puant, un peu moins crade, et je m'amuse avec lui du fait que oui, c'est vrai, elles sont jolies les filles de Paris. Je suis ses regards incrédules et souris de ses exclamations effarées. Are you fucking kidding me?? This is just ridiculous. Literaly 50 % of girls are gorgeous.

On arpente les rues au hasard des plaques, il parle politique, économie, philosophie, autrefois j'étais impressionnée, aujourd'hui simplement saoulée. Je préfère quand il me parle de Julia qu'il aime malgré ses petits seins, si elle en avait de plus gros ce serait bien. On peut parler de tout, même du nous d'avant qui n'a jamais existé ailleurs que dans ses fantasmes et dans mes regrets, on en parle mais vite fait, parce que ça ne compte plus, le temps de l'ambiguité est révolu. Rue des Martyrs il admire les pâtisseries dans les vitrines comme des tableaux sur les murs d'un musée, je réalise que je ne viens jamais par là, que le dimanche c'est ici qu'il y a de la vie, et que ça vaudrait le coup de se lever, de temps en temps, au lieu de glander en buvant du café.

Il finit l'après-midi les yeux levés au ciel devant le prix des demis, puis s'engouffre dans le métro mon Paul Auster à la main, les écouteurs autour du cou, direction le Loft, chez moi, chez lui, c'est pareil. Encore trois jours et il rejoindra l'Anglaise Aux Petits Seins, je chialerai un coup peut-être, pour la forme, mais je le laisserai partir sans l'impatience de la prochaine fois. Les réponses attendues depuis deux ans, je me rends compte que je les connaissais déjà. Entre nous il n'y aurait rien de plus que l'évidence et la simplicité éprouvées à l'époque, quand je cherchais un mot à poser dessus, quand j'essayais d'y trouver un sens alors qu'il n'y en avait pas, puisque ces choses-là ne s'expliquent pas.

25 août 2008

:: the one where i want to forget he even exists ::
25.08.08 @ 11.01 am

Peut-être est-ce l'évocation succinte de certains événements hivernaux devant Coline la Cagole qui m'a plongée dans ce bad-trip à retardement, une épiphanie franchement douloureuse, de celles qui te poussent à laisser un message à celle qui a aussi connu le goût d'un poison, hey j'avais besoin de parler, y a des trucs moches qui remontent, j'arrive chez Pote là, je suis à cinquante mètres, il reçoit des amis, je ne peux pas pleurer, je ne peux pas tout lâcher, au secours. Du coup j'ai ravalé, j'ai attendu, et c'est sorti plus tard, pas comme il aurait fallu.

La révélation, bon, c'est que Myhell ne m'aimait pas, sinon il n'aurait jamais fait ça. Il m'a fallu cinq mois pour vraiment le réaliser, pour le verbaliser, le sangloter bruyamment en tournant le dos à Pote coincé dans son silence et son impuissance, cinq mois pour finalement me maudire d'être tombée si bas, de n'avoir pas vu que la personne qui me disait tu es belle tu es magnifique ne laisse personne te dire le contraire tiens toi droite et sois fière est la même qui m'a méprisée et traitée comme la dernière des putes.

C'est un fait.

Pourtant si j'étais sur mon lit de mort, et si l'idée me venait de faire l'inventaire de mes amours, j'en compterais trois et il serait de ceux-là. J'ai dit je t'aime à d'autres en le pensant de toutes mes forces, mais je ne garde la trace que de ceux qui sont partis, ceux qui m'ont assassinée en posant le point final. Vois comme j'associe directement l'amour à la douleur.

Moi la paix je n'ai jamais vraiment connu, entre les affres de la jalousie de part ou d'autre, les doutes sur la réciprocité des sentiments (au bout de quinze jours avec Drummer Boy, je m'en souviens parfaitement, il ne m'a toujours pas dit je t'aime, donc il ne m'aime pas, c'est foutu c'est foutu c'est foutu) (n'importe quoi), la haine de moi-même qui m'empêchait de profiter pleinement, de jouir pleinement, voilà, l'autopsie de mes amours mortes explique ma peur d'aujourd'hui, peur que je conchie tant je crains qu'elle gâche tout.

Parfois j'ai envie de me barrer loin loin loin sans laisser d'adresse, pour ne pas prendre ce risque encore, et parce que je sais que j'ai perdu la partie, mes yeux le lui ont dit.

Alors qu'il a raison, je devrais juste kiffer la vibe.

21 août 2008

:: the one with the Météore du Flore ::
21.08.08 @ 5.02 pm


Laisse-moi te dire que se retrouver toute seule au Flore pendant 59 minutes devant une Brugs à 8,50€ et trois chips dégeulasses, c'est tout à fait humiliant. Seule. Au Flore. Avec des chips. Pas de bouquin, pas de moleskine pour faire genre, pas même le moindre ticket de caisse au dos duquel griffonner mon indignation. Plutôt ponctuel pourtant, dans mon souvenir, Mon Ecrivain Français Vivant Publié Préféré. Après ving-cinq minutes d'une attente vexante je ne l'attends plus, mais vu le prix de la bière je compte bien profiter un peu de la hype et de la vitrine people (Frédéric B, le genou nerveux, rédige frénétiquement des textos devant son verre aux trois-quarts vide. Quand il quitte le café, soudain je me sens seule) (Ca m'occupait pas mal, de faire semblant de ne pas l'avoir reconnu) (tiens y a un mec sur la banquette du fond avec un drôle de menton).

A 20h58 il ne reste qu'une chips dans la petite assiette, j'ai dégainé ma cb, et je m'apprête à rentrer manger de la tartiflette et faire l'amour à Pote quand le voilà qui débarque, tout à fait semblable à sa version d'il y a trois ans. A l'époque j'étais jeune et motivée, suffisamment pour affronter une heure de RER direction la bibliothèque municipale de Troupaumé-la-Forêt où il dédicacait.

Il tente de me convaincre que rendez-vous avait été pris pour 21h, ce n'est pas le cas mais le bougre est de bonne foi, allez.

Il se passe un peu moins de vingt-cinq secondes avant que ses yeux plongent dans mon décolleté, sujet qui reviendra régulièrement ponctuer la soirée. Paraît-il que mes seins l'ont vraiment bouleversé ce soir de 2005, après l'addition à trois chiffres du Lutétia. Je ne suis qu'à moitié dupe, il en a vu d'autres, et la chance de partager trois demis avec lui quatre ans après notre première rencontre, je ne la dois probablement qu'à ma persévérence et ma volonté de lui faire tenir sa promesse (ça y est, nous sommes quittes).

Pour tout un tas de raisons je l'aime vraiment bien, l'homme, pas juste l'écrivain, même si avoir bu quelques verres et échangé des mails qui parlent cul et littérature, ce n'est pas le connaître vraiment, évidemment. J'attends patiemment la nouvelle année pour voir de mes yeux la promesse sur papier, d'ici là je vais suivre ses conseils. Lâcher ce vieux complexe, attendre 35 ans pour enfanter le Chef De La Résistance, et lire Bukowski.
Je commence aujourd'hui. 

19 août 2008

:: the one with my manga face ::
19.08.08 @ 9.38

Attends mais c'est clair, la ressemblance est frappante (not).

pixielane_gmail



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:: the one with the missed opportunity ::
19.08.08 @ 5.59 pm

Maintenant, dès qu'il tombe trois gouttes sur le velux, j'écoute Dylan. Je pense à mon arrivée à Sydney, à combien il pleuvait cette nuit-là. C'était il y a trois ans, soit deux siècles et demi, mais rien à voir avec aujourd'hui.

En même temps, que dire.

Attends, tu veux du cliché?
Non, les gens ne changent pas.
(CRIKEY, BLIMEY, WOW, JEE, WHAT A SURPRISE).
Les gens te proposent de boire un verre, comme ça (tiens je me disais blablablah).
Tu hallucines d'abord, tu réfléchis ensuite, et tu te dis okay d'accord.
Que peut-être il regrette, que sans doute il se sent merdeux, que sûrement il s'en veut.
Toi tu es prête à écouter, voire à comprendre et à pardonner.
(Pas le fait de t'avoir laissée)
(Ca c'est bon).
(Non, autre chose).
Tu te dis que ce mail a dû lui coûter, un peu.
Tu le connaissais assez bien, dans cette vie-là, pour être à peu près sûre de ça.
Tu dis à Pote je vais le voir, s'il veut me parler.
Parce que toi aussi, un jour, tu as eu des choses à dire et on t'en a empêchée.
(Evidemment non, tu ne le verrais pas comme si de rien n'était).
(Aucun intérêt).
(Pas besoin de lui dans ta vie, pas envie de lui comme ami).
Tu lui réponds un truc sobre, sincère, bien.
Je suis dans le rush en ce moment, mais début septembre, si ça te dit.
Et il te répond vite.
Il te répond vexé.
Clairement il ne voulait pas ça.
Il voulait que tout de suite tu sois dispo, là.
(Ouiiii d'accord okay où quand quelle heure?)
Mais ça ne marche pas comme ça.
Tu as une vie un appart à peindre un mec un taf un australien qui débarque.
Tu n'en attendais rien, et pourtant tu es pffff.
Blasée.
Comme quoi c'est encore possible.
Déçue qu'il puisse se montrer aussi ...
(Aussi con, hein).
Le drapeau blanc tu l'as agité, toi, il y a longtemps.
Il aurait pu te serrer la main.
C'aurait été facile.
Tu penses bien qu'il se déteste, tu sais bien.
Tu aurais pu lui dire hey, c'est pas la peine, te bile pas, moi ça va.
S'il t'avais laissé, quoi... quinze jours?
C'était trop demander?
C'est bon, là.

(Va chier).

18 août 2008

:: the one with the waiting ::
18.08.08 @ 2.19 pm

"Hey - We have a date" (ahahah double meaning) m'écrit Le Philosophe Australien, annonçant son arrivée de London-Groovy-Baby le 26.08 à 21h15. D'ici là la peinture sera sèche, mais Le Loft toujours aussi vide : regarde-moi bien, ai-je la tête de la meuf qui a les moyens de faire une razzia chez notre ami le designer suédois? Non, pas tout de suite là, plutôt vers mars 2010 si tout va bien, mais en même temps qui a besoin d'autre chose qu'un lit, franchement? Les étagères, canapés et autres tables basses, c'est très surfait. Je milite pour l'Epuration de l'Espace Vital.
(Mais okay, des rideaux ne seraient pas de trop, rapport à ma nudité que je n'ai pas spécialement envie de dévoiler à Georgio, éphèbe qui parade en moule-bite  sur son balcon au sixième étage de l'immeuble bostonnien).

Et donc comme je l'écris à Mai, I am flipping ma race, sans pouvoir vraiment mettre le doigt sur le pourquoi. Un mélange d'impatience, hâte qu'il arrive, hâte de le retrouver, hâte qu'il reparte et d'en avoir terminé. Bien sûr quand il s'en retournera au bout de la planète je resterai là avec mon chagrin et l'attente de la prochaine rencontre (là pour le coup, probablement 2025). Mais très honnêtement, au bout de trois jours de sa présence dans mon quotidien et mon chez moi, une dizaine d'heures de conversation et quelques litres d'une bière qui n'aura jamais aussi bon goût que là-bas, je redoute la possibilité de finir blasée. Je me connais, l'écoeurement  a tôt fait d'arriver après la séance goinfrage post-régime.
(Tu vois ce que je veux dire).

Aussi quelques détails ont changé depuis la dernière fois que je me suis épanchée à son sujet sur ces pages (bouhou David est re-maqué, il ne pourra rien se passer), à savoir que moi je le suis aussi (han et tu vis ça comment? me demandent certaines qui ne sont pas sans connaître ma phobie persistante de la contingence de l'idée de l'éventualité d'être en couple. Amusée je réponds ça va je gère, et bizarrement je ne mens même pas). Dimanche vers 2h du petit matin, loin là-bas dans la banlieue galère à atteindre, avachie sur un canapé à 4000 euros qui les vaut bien, le nez dépassant à peine de sous une couette colorée, en plein processus de digestion de brochettes, patates McCain, champagne et pinot noir, bercée par la voix et les rires des amis de Pote et sa main qui caresse mon visage de cette façon, là, tu sais, je me disais précisément ça : non vraiment, David et moi ça n'arrivera pas.

Tout est plutôt sweet sweet, surtout que mon nouveau G20 stocke des baked beans et du Dr Pepper, et puis j'ai un nouveau héros.

(On arrive ici en googlant nheb alik, ah, il n'y a plus d'abonné à ce numéro. Par contre je kiffe bien mon gel douche petit marseillais au beurre de karité et acacia de Tunisie).

15 août 2008

:: the one i wish i'd thought about ::
15.08.08 @ 9.55 pm
<happy anniversary guillaume>


J'aimerais bien avoir de bonnes idées, moi aussi.

alice


C'est expliqué ici et .

14 août 2008

:: the one with the last day of the probationary period ::
14.08.08 @ 3.20 pm

Et me voilà presque triste à la vue d'un stagiaire de vingt ans, un gamin vraiment, qui quitte à l'instant la boîte direction la gare, sa campagne et son BTS, ses quatre sacs sous les bras. Je suis triste, un peu, moi qui n'étais même pas là il y a deux mois. Pourtant ça y est j'en fais partie semble-t-il, de cette famille-là, et c'est ma place apparemment, du moins pour l'instant, ce boulot qu'un paquet d'autres ont quitté d'elles-mêmes au bout de trois semaines ou qui n'ont pas su satisfaire Old Boss & Young Boss, kings du divertissement familial made in Le Service Public.

(et donc, pourquoi moi?)

J'ai presque envie de baptiser mon Chez Moi quelque chose comme Le Loft tellement c'est conceptuel, franchement, cette grande pièce vide aux fenêtres nues. Oserais-je dire que ça ressemble presque à un atelier d'artiste (ce n'est pas de moi) bien qu'il ne s'y passe rien d'artistique évidemment sauf peut-être, allez, trois lignes écrites vite fait à la lumière de la lune-lampadaire un soir de cette nouvelle solitude (bon je n'y ai dormi que deux fois). Un jour, j'y crois à mort, cet endroit ressemblera à quelque chose, quand Pote aura terminé la mission qu'il s'est fixée, rendre ces murs bien clean et blancs immaculés. Je n'ai pas trop les mots pour le remercier, moi qui vois-tu m'entends fort bien avec les feutres et les stylos, mais bof bof avec les rouleaux.

En parlant de Pote, tiens.

(Non rien).

Okay d'accord, moi je n'avais rien prévu. Je pensais mettre plus longtemps à ressuciter et à investir autre chose que mon cul dans les moments où on se retrouve l'un contre l'autre, dans l'autre, sous l'autre euh. Voilà. Et finalement non il n'y a pas que ça, et ça fait un peu chier et un peu flipper. Et je crois bien, pardon pardon si je me trompe, qu'il l'a souhaité, ça, que je sois là officiellement au lieu de faire semblant (tu es Le Mec Avec Qui Je Couche, ne te méprends pas) (crédible les premiers temps seulement).

Et je suis là.

On est tous libres hein, on l'est toujours, lui-même le dit. Mais pour l'instant j'aime vraiment bien être contre lui, et je commence à sortir l'artillerie de la Meuf qui doute d'elle, de tout, de lui, de la vie (aucune mention inutile à rayer). Est-ce que je vaux les autres, ces princesses que j'ai moi-même érigées en Héroïnes de Romans? Est-ce que je suis toujours aussi intéressante à présent? (Et caetera).
Enfin que dire d'autre, à part on verra? Voilà c'est ça. On verra.

12 août 2008

:: the one with The Quote ::
12.08.08 @ 1.50 pm

"Si les garçons pouvaient cesser d'avoir peur de mes élans aussi. S'ils cessaient de croire que mon grand but dans la vie est de m'installer, de me marier et de pondre (...). S'ils voyaient à quel point j'ai besoin d'incertitudes, ils n'auraient pas si peur.
Je ne trouve pas ma moitié incertaine.
Je ne veux rien, rien d'autre que de savoir : je suis ton mieux, comme toi tu es le mien
".

© Mai (inutile de la chercher, elle est planquée)

Quand tu lis enfin les mots que tu n'as jamais su trouver, ça fait bizarre, et ça fait du bien.
Mai et moi, on est faites du même bois. Mais ça, je le savais déjà.

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:: the one with Levallois ::
12.08.08 @ 11.04 am

Quote of the Day : " Pixie, parce qu'elle Levallois bien."
© pdf (non mais rassurez-vous, il est capable de mieux que ça)

Il y a un lampadaire rond comme la lune devant les vitres de Chez Moi, qui n'ont ni rideaux ni volets. Le mur d'en face est tout près, en briques rouges. Ca me rappelle Boston.

(Jamais foutu les pieds à Boston).

Je vois les plantes de la Petite Vieille Qui Joue Du Piano, celle qui souhaite de sa fenêtre une bonne promenade aux passants. C'est un peu moins drôle que d'avoir un Gros Tout Nu. En haut ça s'engueule fort en portugais, ça marche lourd, ça hurle, ça fatigue. La pièce est vide ou presque, et quand j'appelle Pote sous un prétexte bidon, ma voix résonne contre les murs.
Je ne suis pas encore chez moi.
Je me sentais bien là-bas.

Hier soir il m'a fallu seize stations de la ligne 9 pour effacer cent-deux messages hors-saison (ça fait une éternité que l'hiver est terminé). Je m'étais promis de ne pas cracher sur sa tombe, jamais, et puis j'ai échoué. Ce n'était pas une mission, juste une certitude, et puis bon. Avec le temps on retrouve la vue. C'est peut-être bien vrai, alors, ce que m'écrivait Violette, prends garde à ne pas confondre la belle description d'une chose et la description d'une belle chose. Et moi qui m'insurgeais non non tu ne sais pas, personne ne sait.
J'y croyais.
Quand j'ai dit à Pote le contraste est saisissant, il a juste souri en grand. C'est le karma, il a répondu.
Ca doit être ça.

Ce matin dans la 3, celle aux lumières qui clignotent, une belle fille en tailleur strict et talons rouges luttait contre l'envie de groover sur son r&b, moi je battais la mesure sur Aznavour, et le mec en face lisait Boy Culture, roman gay U.S à la couverture ultra-suggestive. Son voisin louchait dessus discrètement, la page Europe du Monde ouverte sur les genoux.
Un bien chouette voyage.

Aujourd'hui c'est ma fête.
J'dis ça j'dis rien.

11 août 2008

:: the one with the countdown (titre moult fois recyclé) ::
11.08.08 @ 11.57 am

Il y a David, à J-10 ou quelque chose comme ça, et il y a des promesses que j'aimerais faire mais je ne peux pas. Un je te jure, même sincère, ne protègerait de rien. Je peux simplement dire que non, je ne crois pas que ça arrivera, honnêtement dire que là je n'en ai pas envie, et je pense pouvoir parler en son nom aussi. J'aimerais pouvoir rassurer davantage, minimiser l'événement, dire que ça ne compte pas tant que ça, mais ce serait mentir et il ne me croirait pas. David à Paris, oui c'est important, c'est la fin d'une attente de deux ans. Ensuite il repartira, et la parenthèse des souvenirs se refermera.

- my gf is very nervous about me going
- my bf is very nervous about you coming

Mauvais timing, comme d'habitude. Comment ne blesser personne, n'inquiéter personne, profiter de la présence exceptionnelle de l'un sans heurter l'autre, passer du temps avec l'australien sans risquer de perdre celui qui tient ma main? Oui ça m'inquiète, oui j'en rêve la nuit, oui je compte les jours, j'ai hâte et je redoute.

Mais ce n'est pas avec le philosophe que je veux partager mon lit, ce n'est pas lui qui me fait envie.

(J'aimerais pouvoir faire mieux que ça).

08 août 2008

:: the one with the mega-win ::
08.08.08 @ 15.15 pm

Et finalement, comment se douter qu'après la lose du milieu de semaine je finirais un peu bourrée au mousseux le vendredi à 14h31, devant la cérémonie d'ouverture de Pékin, à fêter le départ d'un stagiaire et mon intégration officielle et à durée indéterminée dans la grande famille du Chobize? Comment aurais-je pu seulement imaginer, il y a encore deux mois, que je serais là aujourd'hui, debout, droite et ressuscitée, à crier du haut de l'escalier Romaaaaaainn on en est où avec le film là, tu l'as mis sur une clé USB? un gobelet rempli de bulles sur mon bureau, un rendez-vous à 19h pour récupérer les clés de Mon Nouveau Chez Moi, et un mec Super Sweet avec qui passer une soirée Sexe, Alcool et Vidéo? Ne pas l'avoir su, ne pas avoir cru, à l'époque, que je survivrais, rend tout encore plus doux, improbable et miraculeux.

Ca pourrait s'arrêter là, mais même pas. Niveau win on est encore plus vernis, Pote et moi. En face de chez lui, il y a un Gros Tout Nu. Un Gros Tout Nu comme dans Friends, vraiment gros, et vraiment nu, à sa fenêtre par grande chaleur. Ce sont des détails comme ça qui rendent la vie encore meilleure.

07 août 2008

:: the one with the exhaustion ::
07.08.08 @ 1.00 pm

On se dit j'te kiffe, et je suis sur toi. Il paraît que ça signifie je t'apprécie beaucoup en language djeunz (merci e=m6 spéciale séduction, grâce à toi je reste dans le move). On se le dit à l'oreille et sur post-its. Des mots d'ados pour éviter les mots de grands, peut-être, je ne sais pas, en tous cas j'aime bien avoir quatorze ans. Ca ne m'était pas arrivé depuis mai dernier, ironiquement.

J'attends les yeux bouffis que tout soit fini, cette période d'essai (gardez-moi gardez-moi moi moi), cette montagne de boulot qui ne diminue pas, l'angoisse de mal faire, la fatigue, l'arrivée et le départ de David (finissons-en). Je veux les clés de mon appartement, Pote dedans, de la bière au frigo, et une main sur la mienne pendant l'orage, comme cette nuit.

06 août 2008

:: the one with Cocaine Lil and Morphine Sue ::
06.08.08 @ 5.42 pm

(Eh si).
Et vous auriez tort de ne pas le lire.


Did you ever hear about Cocaine Lil?
She lived in Cocaine town on Cocaine hill,
She had a cocaine dog and a cocaine cat,
They fought all night with a cocaine rat.

She had cocaine hair on her cocaine head.
She had a cocaine dress that was poppy red:
She wore a snowbird hat and sleigh-riding clothes,
On her coat she wore a crimson, cocaine rose.

Big gold chariots on the Milky Way,
Snakes and elephants silver and gray.
Oh the cocaine blues they make me sad,
Oh the cocaine blues make me feel bad.

Lil went to a snow party one cold night,
And the way she sniffed was sure a fright.
There was Hophead Mag with Dopey Slim,
Kankakee Liz and Yen Shee Jim.

There was Morphine Sue and the Poppy Face Kid,
Climbed up snow ladders and down they skid;
There was the Stepladder Kit, a good six feet,
And the Sleigh-riding Sister who were hard to beat.

Along in the morning about half past three
They were all lit up like a Christmas tree;
Lil got home and started for bed,
Took another sniff and it knocked her dead.

They laid her out in her cocaine clothes:
She wore a snowbird hat with a crimson rose;
On her headstone you’ll find this refrain:
She died as she lived, sniffing cocaine.

(W.H Auden)


WOCK N'WOLL.

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:: the one with the mid-week report ::
06.08.08 @ 10.39 am

(Je vous aurais bien mis un fabuleux poème d'Auden sur la coke, mais il paraît que quand je mets de la poésie ça pue l'arnaque et la paresse).

Je dirais qu'à mi-parcours de la semaine de l'enfer, on s'en tire plutôt bien. Hier soir, un jeune sims 1/8ème irlandais a basculé dans la Réalité de la Vraie Vie, opération réussie, pas de déception, que du bon. J'avais en tête la liste des sujets à aborder (Camille Raymond, Douglas Coupland, Quiberon, Le Petit Vampire Au Val des Soupirs, Tokyo, les sushis) et une fois tous ceux-là épuisés il en restait d'autres, largement de quoi nous occuper le temps de descendre mojitos et autres joyeusetés à base de champagne, ainsi qu'un shot de je ne sais quoi au caramel qui tue sa maman. On a ri, beaucoup, et en sortant de là j'avais la joie pure, celle d'avoir été exaucée encore une fois, moi qui je ne sais plus quand, sans trop y croire, avais réclamé aux Forces Cosmiques de l'Univers des nouvelles rencontres en plus d'un nouvel appart / nouveau boulot / nouveau coeur.
J'ai la win, là, je crois.

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Quote of the Day : "I can give you my present, I don't know about the future".
© Crowded House - Stuff and Nonsense

Ce n'est pas une mise en garde. C'est ce que je pense quand je regarde Pote de profil, quand on se retrouve enfin seuls le soir à minuit et demi et que je peux lui déballer les petites histoires qui ont ponctué ma journée. On chuchote dans le lit comme des gamins, comme s'il était interdit de faire du bruit (le salon est squatté par une parente exilée). On rit, on se caresse, on se donne envie, puis on s'endort, pas trop près mais pas trop loin. Ces moments-là, je me sens chez moi, j'arrive à bon port, je peux me poser et me reposer, c'est la sécurité. Alors mon présent, là je le lui donne. Que ce soit deux jours ou trois semaines ou plus, aujourd'hui il répond mieux que n'importe qui à mes besoins, il est la personne qui me fait le plus de bien, un point d'ancrage, un cocon, la maison.

(Comme on aime à le dire dans la Colocation du Bonheur, c'est kuku mais c'est beau).

Demain, vous n'échapperez pas au poème.