pixie // Saison 4 - The Coming of Age

The lines that I preach here are only half-truth.

21 août 2008

:: the one with the Météore du Flore ::
21.08.08 @ 5.02 pm


Laisse-moi te dire que se retrouver toute seule au Flore pendant 59 minutes devant une Brugs à 8,50€ et trois chips dégeulasses, c'est tout à fait humiliant. Seule. Au Flore. Avec des chips. Pas de bouquin, pas de moleskine pour faire genre, pas même le moindre ticket de caisse au dos duquel griffonner mon indignation. Plutôt ponctuel pourtant, dans mon souvenir, Mon Ecrivain Français Vivant Publié Préféré. Après ving-cinq minutes d'une attente vexante je ne l'attends plus, mais vu le prix de la bière je compte bien profiter un peu de la hype et de la vitrine people (Frédéric B, le genou nerveux, rédige frénétiquement des textos devant son verre aux trois-quarts vide. Quand il quitte le café, soudain je me sens seule) (Ca m'occupait pas mal, de faire semblant de ne pas l'avoir reconnu) (tiens y a un mec sur la banquette du fond avec un drôle de menton).

A 20h58 il ne reste qu'une chips dans la petite assiette, j'ai dégainé ma cb, et je m'apprête à rentrer manger de la tartiflette et faire l'amour à Pote quand le voilà qui débarque, tout à fait semblable à sa version d'il y a trois ans. A l'époque j'étais jeune et motivée, suffisamment pour affronter une heure de RER direction la bibliothèque municipale de Troupaumé-la-Forêt où il dédicacait.

Il tente de me convaincre que rendez-vous avait été pris pour 21h, ce n'est pas le cas mais le bougre est de bonne foi, allez.

Il se passe un peu moins de vingt-cinq secondes avant que ses yeux plongent dans mon décolleté, sujet qui reviendra régulièrement ponctuer la soirée. Paraît-il que mes seins l'ont vraiment bouleversé ce soir de 2005, après l'addition à trois chiffres du Lutétia. Je ne suis qu'à moitié dupe, il en a vu d'autres, et la chance de partager trois demis avec lui quatre ans après notre première rencontre, je ne la dois probablement qu'à ma persévérence et ma volonté de lui faire tenir sa promesse (ça y est, nous sommes quittes).

Pour tout un tas de raisons je l'aime vraiment bien, l'homme, pas juste l'écrivain, même si avoir bu quelques verres et échangé des mails qui parlent cul et littérature, ce n'est pas le connaître vraiment, évidemment. J'attends patiemment la nouvelle année pour voir de mes yeux la promesse sur papier, d'ici là je vais suivre ses conseils. Lâcher ce vieux complexe, attendre 35 ans pour enfanter le Chef De La Résistance, et lire Bukowski.
Je commence aujourd'hui.