pixie // Saison 4 - The Coming of Age

The lines that I preach here are only half-truth.

04 septembre 2008

:: the one with the goodbye ::
04.09.08 @ 11.28 am
<happy birthday Loulou>
<bienvenue Juliette>


Quote of the Day : "Everything is everything
                            What is meant to be will be
                            After winter must come spring
                            Change, it comes eventually"

(Je me mets seulement maintenant à bien aimer Lauryn Hill).                           

J'ai le souvenir d'une nuit blanche au Bout du Monde, il y a trois ans bientôt, passée à suffoquer comme un poisson hors de l'eau. J'avais demandé à David si on se reverrait un jour, il avait répondu non, je suis désolé, I have to move on, suite à quoi j'étais morte, un peu, beaucoup, complètement et pour longtemps.

Septembre '08 et me voilà à chialer sur le quai de la ligne 1, drôle d'endroit pour un adieu qui n'est qu'un aurevoir cette fois, mais jusqu'à quand, lui et moi l'ignorons tout autant. Trois ans depuis ce drame, son envie de plus, mon désir de rien, la nuit où j'ai dit non et son départ au matin. Trois ans depuis que je l'ai perdu définitivement, et finalement non, tu vois, aujourd'hui il est vraiment là.

(Hey, moi la vie je n'y comprends rien de plus que n'importe qui, mais je peux te dire que les miracles existent, il suffit d'être patient (easy peasy)).

Il n'y a pas de traces de cette semaine, pas de photos, rien qui prouve qu'il ait été là, pour ce que j'en sais j'aurais pu l'inventer, pas une âme pour témoigner. Je ne réalise pas son départ, je n'avais pas cru à son arrivée, c'était bien trop loin dans l'utopique, dans l'improbabilité, pourtant il était là, réellement. Arpentant les pavés en tongs, se plaignant du chaud puis du froid, poor little princess, arrivant chaque fois un livre à la main, hier soir il trimbalait mon John Irving dédicacé, j'ai hurlé. Imagine le sacrilège.

Sur le quai à Châtelet, donc, tant pis pour ma pudeur, de toutes façons le métro connaît mes larmes par coeur, je réalise l'ampleur de l'événement. Deux ans d'attente et c'est fini, veni vidi vici, le voilà qui repart promener son intelligence et ses grandes réfléxions sur le monde aux quatre coins de celui-ci. Il est un peu gêné quand ça se met à couler, il n'est pas trop dans les effusions ce garçon, pas trop dans l'émotion. Je lui dis que ça compte, hein, ce n'est pas parce que je pleure tout le temps que ça ne veut rien dire, do you hear me? et il me serre contre lui. I love you, il dit, la voix couverte par le fracas du train qui sort du tunnel, I love you very much. Moi aussi, moi aussi. Et ce baiser d'adieu qu'on s'était promis il y a un siècle, ce truc symbolique censé refermer notre chapitre, bien sûr on ne se l'est pas donné.

Tout a changé, en mieux, en bien, et la distance n'y changera plus jamais rien.