pixie // Saison 4 - The Coming of Age

The lines that I preach here are only half-truth.

09 septembre 2008

:: the one with the lies ::
09.09.08 @ 4.22 pm

Quote of the Day : "Si tu attends assez longtemps assis à côté du fleuve, tu finiras par y voir passer le cadavre de ton ennemi."

Il paraît que c'est un proverbe japonais, je le tiens de Violette. Violette est une conteuse et une sage. Cet hiver, elle me disait attention avec de grands panneaux de signalisation, mais je ne les voyais pas. J'avançais trop vite sur la route, les panneaux je les dégommais, aucun ne me résistait. Elle me parlait d'enfermement, Violette. L'Enfer Me Ment. (Tu vois un peu?). Je me murais dans mon indignation, assenant que non pfff elle ne comprenait pas, cette histoire était la plus belle de tous les temps, je ne l'avais pas inventée, je ne l'avais pas rêvée. Certes il était bien trouvé, ce jeu de mot. Mais rien à voir.

Myhell était le plus beau. Myhell était un héros.

A la fin du téléfilm de 13h30 sur la 6, celui où la nana apprend que son mari menait une double vie depuis dix ans, qu'il avait une autre femme et d'autres enfants, on te prévient que toute ressemblance avec des personnes existantes blablabla. Parfois c'est un autre scénario, celui dans lequel le mec très propre et funky se révèle être un psychopathe, et la petite meuf en jean taille haute des années 90 passe une heure et demie et une coupure pub à essayer de convaincre tout le monde que non putain elle n'est pas folle, il est dangereux. Au générique de fin, tu apprends que c'est du vrai de vrai, le bon vieux fait divers d'un bled du Kentucky. Dans un cas comme dans l'autre, rien de plausible, rien de possible. Parce que tu sais bien, soit c'est de la fiction, soit ça n'arrive qu'aux autres, moi je me bouche les yeux et les oreilles, lalalalala, ça ne m'arrivera pas.

Depuis quinze jours, je sais que les trucs les plus laids, les gestes les plus dégueulasses, je peux en être victime autant que n'importe quelle autre. Les mots qu'on utilisait dans le vide parce qu'ils ne nous concernaient pas sonnent tout autrement à l'oreille, soudainement, une fois passés les larmes et les vomissements. Ca pourrait s'arrêter là, mais ce n'est pas le cas. Pour l'instant tu es seulement venue gonfler le chiffre des statistiques, tu n'as pas encore pénétré l'Univers du Grand N'importe Quoi Surréaliste, celui dépeint dans ces téléfilms qui affolent la ménagère tout en la rassurant sur son propre sort.  C'est la vraie vie pourtant, et depuis hier soir je suis coincée dedans. Je m'époumone, je hurle, mais presque personne ne m'entend.

Comment raconter sans trop en dévoiler? J'ai moins aujourd'hui que ce que j'avais le jour maudit où je l'ai croisé. Je n'ai rien gagné, rien gardé, tout perdu, mon temps, mes larmes, ma dignité, ma confiance en qui que ce soit, en les mots, en ce que je vaux (ne fallait-il pas être bien conne, finalement, même si je m'en défends?). J'ai perdu la clé du langage que je parlais avec celle qui m'a toujours comprise, je l'ai perdue elle, par sa faute et le poison qu'il a infiltré partout. Voilà le bilan de ma plus belle histoire. Une histoire, c'est bien ça. Celle  qu'il m'a racontée comme il l'a racontée à d'autres, avec les mêmes mots, mais tout était faux. Combien étions-nous, combien sommes-nous? S'il fallait raconter ce qui s'est vraiment passé, je ne serais heureusement pas la seule à témoigner. Aujourd'hui, je n'ai pas d'autre consolation.

Myhell est laid. Myhell me mentait.